Elle la rend même parfois indispensable.
Cas pratique :
Un salarié exprime clairement son souhait de voir sa situation professionnelle évoluer d’un CDD vers un CDI.
L’employeur prend cette demande au sérieux.
Il l’examine, s’organise et décide d’y répondre favorablement.
Tout semble donc aller dans le même sens.
Puis, quelques semaines plus tard, de nouvelles conditions apparaissent.
La demande initiale est présentée comme une simple éventualité.
Les échanges passés sont relus différemment.
Et la décision que l’employeur pensait avoir prise pour répondre favorablement au souhait du salarié devient soudain un sujet de contestation avec son lot de sentiment de trahison et d’émotions négatives.
Ce type de situation rappelle une réalité parfois difficile à accepter : les positions peuvent évoluer et, avec elles, la manière dont chacun raconte ce qui s’est passé.
Il ne s’agit pas de se méfier systématiquement et de ne pas faire confiance.
Il s’agit de ne jamais confondre confiance et absence de formalisation.
Lorsqu’un salarié sollicite une évolution importante de sa situation, quelques réflexes sont essentiels :
→ reformuler précisément sa demande par écrit ;
→ lui demander de confirmer les conditions auxquelles elle est éventuellement subordonnée ;
→ formaliser la réponse de l’entreprise, son calendrier et ses conséquences ;
→ récapituler les échanges oraux immédiatement après leur tenue ;
→ ne jamais prendre une décision irréversible en se fondant uniquement sur une intention exprimée, aussi claire semble-t-elle ;
Ces précautions peuvent paraître excessives lorsque les relations sont bonnes et que tout le monde semble d’accord.
Mais c’est aussi à ce moment-là qu’elles sont les plus utiles.
Parce que l’écrit ne sert pas uniquement à préparer un contentieux.
Il sert d’abord à vérifier que chacun parle bien de la même chose.
Il protège les parties ; l’entreprise comme le salarié et de manière générale les parties liées par un engagement quelconque.
Il évite que la relation de travail ne repose, quelques semaines plus tard, sur deux versions devenues inconciliables.
La confiance n’est pas l’absence d’écrit.
L’écrit est parfois ce qui permet à la confiance de résister au temps, aux tensions et aux intérêts divergents.