Je viens d’écouter un post qui explique aux Avocats que le conseil n’est plus leur terrain : l’IA ferait mieux qu’eux, et ils n’auraient plus qu’à se tourner vers le contentieux.
Pour ceux qui me connaissent, ça m’a fait l’effet d’une bombe ! 💥
Moi qui crois profondément à l’anticipation, à la prévention et à l’accompagnement des dirigeants, je devrais donc attendre que les difficultés deviennent des litiges pour avoir encore une utilité ?🧐
C’est visiblement oublier une dimension essntielle de mon métier.
En pratique, dans 90 % des cas, le client ne vient pas avec la bonne question. Il vient avec ce qui l’inquiète, une urgence, parfois une solution qu’il a déjà imaginée.
Derrière ses demandes, il peut y avoir un problème d’organisation, des attentes jamais clarifiées, une relation qui se dégrade ou un projet dont toutes les conséquences n’ont pas été envisagées.
=> Un des rôles prioritaires de l’avocat est justement de dénicher la bonne question.
Et ca passe par l’écoute, le questionnement. Repérer le détail qui change l’analyse. Faire émerger ce que le client n’avait pas identifié comme un sujet.
=> La dimension humaine et l’empathie sont essentielles à cette démarche.
Percevoir une hésitation, accueillir une inquiétude, comprendre ce qui se joue pour une personne permet souvent d’accéder à ce qu’elle n’osait pas dire.
La bonne réponse commence souvent par une question que le client n’avait pas encore pensé à poser. Et cette question émerge aussi de la qualité de la relation.
Puis nous construisons ensemble une réponse qui tienne compte du droit, bien sûr, mais aussi de l’entreprise, de ses moyens, des personnes concernées et de ce que le dirigeant souhaite préserver.
L’IA peut nous faciliter ce travail évidemment. Je l’utilise parfois pour me challenger.
Mais obtenir une réponse pertinente à une question bien formulée ne suffit pas à résumer une mission de conseil. Encore faut-il comprendre la situation, identifier les informations manquantes et accompagner la décision jusqu’à sa mise en œuvre.
Donc non l’Avocat n’a pas a ce cloisonner dans le contentieux.
Mon expérience du contentieux nourrit d’ailleurs ce travail de prévention : connaître les difficultés qui conduisent devant un juge aide à les anticiper.
Nous devons faire avec l’IA et autant le faire intelligemment. Mais…
Pour ma part, je continuerai à mettre le droit social au service de l’entreprise et de l’humain, en aidant mes clients à faire des choix éclairés, avant que le conflit ne s’installe.